Pistes pour des objets (vraiment) inclusifs : petit manifeste d’exigence
Au fond, la question n’est pas tant “les objets connectés sont-ils conçus pour tous ?” que “combien d’invisibles sont-ils laissés de côté, délibérément ou non, par la standardisation technique ?”.
- Inclure d’emblée l’analyse du public cible et des situations extrêmes, y compris en amont du projet
- Former les équipes à l’ergonomie, non comme une simple discipline “anti-TMS”, mais comme un levier stratégique de conception
- Mesurer l’impact en vie réelle : combien d'objets connectés restent inutilisés, rendus, abandonnés, ou source de découragement pour leurs usagers ?
- Favoriser la réversibilité et la modularité : un objet accessible un jour doit l’être demain, même après une mise à jour logicielle
Entre la main et l’écran, entre la voix timide et l’enceinte connectée, entre les gestes maladroits et les menus sans contraste, il existe un champ immense de réconciliation à poursuivre. Concevoir pour tous est une promesse exigeante. Mais c’est aussi l’opportunité d’honorer pleinement la richesse du vivant, des singularités, des fragilités, et des forces invisibles. Car in fine, chaque progrès inclusif profite à tous.
L’ergonomie et la démarche inclusive ne sont pas des surcoûts ni des lubies de spécialistes. Elles sont, silencieusement, ce qui sépare l’objet-pivot de l’objet-boulet, la technologie qui libère de celle qui isole. Ce monde d’interfaces est à réconcilier, et c’est à nous d’y prendre notre part.