De l’invisibilité des erreurs d’usage, ou comment une prise peut saboter l’expérience quotidienne
Sur le chemin du matin, la main cherche l’interrupteur à tâtons, la lampe reste muette, l’agacement s’installe. Plus tard, la buée a envahi la salle de bains—la ventilation était pourtant installée « selon les normes ». Quant à la prise électrique derrière le canapé, elle défie quiconque de recharger un téléphone sans d’abord jouer à l’acrobate.
Ces micro-irritations font sourire… jusqu’à ce qu’on agrège l’ensemble : elles dessinent le portrait d’environnements conçus sans l’humain, ou du moins sans une observation minutieuse du geste quotidien. L’ergonomie, ici, n’est ni luxe ni coquetterie. Elle s’invite à la table des fondamentaux, là où le confort, la sécurité et l’intuitivité se négocient dans chaque détail.
La foultitude d’erreurs d’usage liées aux interrupteurs et prises ne s’explique pas seulement par la distraction des usagers. Il s’agit le plus souvent d’un défaut de conception, d’un oubli dans la chaîne du projet, ou d’une méconnaissance des usages réels, bien loin des normes et des plans techniques. Observer un utilisateur en situation réelle, c’est déjà commencer à comprendre ce que les chiffres ne disent pas.