Perspectives : vers l’outil compagnon – pour un jardinage durablement accessible
Penser une ergonomie jardin, c’est inscrire l’outil dans le temps long : accompagner le vieillissement, suivre la transformation du geste, préserver le plaisir – même modifié – de la pratique. Quelques pistes émergent :
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Co-conception avec des seniors : Ateliers d’essai terrain, analyse vidéo du geste, retours quotidien d’usage – cette démarche, encore marginale, offre des résultats probants en termes d’adaptation (Lorenzi et al., 2018).
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Kit d’adaptation universelle : Poignées épaississantes, manchons antiglisse à clipser, ressorts de détente personnalisés – autant de micro-accessoires qui pourraient changer la vie sans bouleverser la familiarité de l’outil.
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“Évidence-based gardening tools” : L’avenir passe par la publication de protocoles d’évaluation normalisés, basés sur des cohortes utilisateurs “normaux” et fragiles (voir les initiatives de l'IEHF au Royaume-Uni).
L’outil de jardin revient alors à ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un prolongement naturel du corps, qui respecte la main, accompagne le mouvement, dialogue avec l’expérience. Repenser ces interfaces, c’est offrir aux personnes âgées le droit de continuer à cultiver, créer, transmettre – sans souffrir, sans craindre, sans renoncer.
Le jardin est un terrain d’expérimentation humaine et sensorielle constant. L’ergonomie ne devrait pas s’y inviter “après coup”, mais en être l’une des clés fondatrices – pour un jardinage qui grandit, avec ceux qui jardinent.