Observer le monde à genoux : partir du point de vue de l’enfant
Concevoir un objet pour un enfant n’a rien d’anodin : il faut apprendre à se mettre littéralement à genoux, à voir le monde depuis une hauteur de 80 à 120 cm, à ressentir, en filigrane, la maladresse de gestes encore hésitants. L’enjeu ? Rompre avec la tentation d’un "miniaturisme" paresseux (réduire, recopier, simplifier), pour entrer dans une logique d’observation fine du développement, du jeu, de l’apprentissage et surtout, du vécu sensoriel de l’enfant.
Observer un enfant en situation, c’est souvent mesurer l’écart entre les usages prévus et les usages réels, le détournement créatif, l’exploration surprenante. L’ergonomie devient alors une science du détail vivant, où chaque interaction — l’ouverture d’une boîte, la préhension d’un crayon, le montage d’un jouet — révèle la nécessité de penser pour des mains en pleine évolution, des corps parfois instables, des sens en éveil constant.