Quelles pistes pour concevoir (enfin) pour l’humain ?
Observer, écouter, tester, affiner. Concevoir une brosse à dents électrique pour enfants ne peut se résumer à « réduire » un modèle adulte, ni à sur-équiper d’une promesse ludique. Voici quelques axes, éclairés par l’ergonomie et les normes internationales :
- Adapter la forme réelle à la préhension enfantine : prise large mais maniable, base antidérapante, équilibre général centre/bas du manche.
- Réduire l’intensité vibratoire : Tête plus souple, moteurs moins puissants chez les moins de 7 ans.
- Favoriser l’apprentissage actif : Recentrer la scénarisation sur le geste (feedback kinesthésique, détection des zones oubliées par retour lumineux discret, par exemple), limiter la dépendance au support écran.
- Inclure l’enfant dans la boucle de conception : ateliers d’observation, dessin libre du « design rêvé », questionnaires sensoriels, itération à chaque étape.
- Postuler l’expérience du soin : pas seulement hygiène, mais valorisation du contact, de l’attention à soi (Bachelard, 1942, « La poétique de l’espace » évoque la chambre comme espace de soin : songeons à la salle de bains et au miroir comme prolongement symbolique).
Concevoir pour l’humain, ici, c’est penser avec l’enfant et non seulement pour lui. L’objectif n’est pas d’alléger le geste, ni d’effacer l’attention, mais de rendre l’expérience du soin à la fois confiante, autonome, et sensoriellement juste. L’enjeu dépasse la santé bucco-dentaire : c’est la base invisible d’une relation saine à la technique et au corps.
Au bout de la brosse, il n’y a pas qu’une dent – il y a la promesse d’un geste acquis, d’une confiance naissante, d’un rituel qui s’inscrit et qui éduque. Entre le geste et la machine, entre le jeu et la contrainte, réconcilions l’enfant avec ses objets du quotidien.