1. Transfert et manipulation de patients : le poids du soin
Déplacer, soulever, tourner une personne diminuée n’est jamais un geste anodin. Selon la DARES, le secteur hospitalier concentre 22% des arrêts pour troubles musculosquelettiques en France (DARES, 2019). L’action la plus à risque ? Le transfert « manuel » de patient : du lit au fauteuil, du brancard à la table d’examen, du sol au siège. Souvent réalisé à deux, parfois en urgence, parfois seul faute de moyens ou de temps, ce geste sollicite de façon intense la colonne lombaire et l’ensemble du tronc.
- Conséquences principales : Lombalgies aiguës, hernies discales, douleurs chroniques, épuisement physique.
- Facteurs aggravants : Patient non coopérant, absence d’aides techniques (lève-personne, draps de glisse…), espace restreint, temporalité imposée par l’urgence.
- Cas pratique : Un aide-soignant en EHPAD explore chaque jour près de 60 manutentions de résidents partiellement ou totalement dépendants. Même bien formé, il accumule tension et fatigue, particulièrement en période de manque d’effectifs.
L’ergonomie propose ici une double démarche : privilégier la formation pratique (gestes corrects, utilisation d’aides mécaniques adaptées), mais aussi repenser l’organisation du travail (temps alloué par patient, accessibilité des équipements, dimensionnement des équipes).
La norme ISO 11228-1, qui encadre la manutention manuelle de charges, recommande par exemple de ne pas dépasser un certain poids, très rarement respecté dans la réalité du soin (ISO 11228-1).