Introduction : la couleur, ce faux-ami de l’urgence décisionnelle
Observer un trader face à son écran, c’est plonger dans une mer de chiffres, de courbes et – surtout – de couleurs. Du rouge pour une chute, du vert pour une hausse, de l’orange pour alerter, du violet pour souligner... En apparence, l’affaire semble entendue : l’œil repère, le cerveau agit, la décision fuse. Mais à regarder de plus près, l’accumulation des codes chromatiques fait vaciller ce fragile tableau.
Entre la main qui hésite à cliquer et le regard happé par un rouge vif, combien d’informations essentielles échappent ? Trop souvent, on imagine que l’empilement de couleurs permettra de capter plus vite, de choisir plus juste. Pourtant, le geste de l’utilisateur, l’attention fragmentée, l’excès de stimuli visuels racontent une autre histoire. Concevoir pour la perception humaine, ce n’est pas simplement colorier. C’est composer, doser, comprendre les limites du cerveau et respecter la diversité des regards.